Chapitre un :
- Natsuko ! Réveillez-vous un peu !
- Excusez-moi professeur.
Oui, c'est bien moi là qui m'excuse. Ce la peut paraître normal mais de ma part cela ne l'est pas. A l'époque, je n'aurais jamais penser à m'excuser. A l'époque... En un an et demi, beaucoup de choses changent. Je reste silencieuse assise à ma place tandis que le cours reprend. Le professeur me regarde, de son air niais, un petit sourire au goût de venin aux lèvres. Il me tend la craie, me proposant de me réveiller en faisant une résolution d'un système d'inéquations à deux inconnues. Malgré moi, je me lève, n'osant le contredire, je commence à résoudre l'exercice. Peu de temps passe avant que je reçoive un morceau de gomme sur le haut du crâne. Je ferme les yeux, suspendant mon geste. Les images de ma réaction que j'aurais eue à l'autre époque tournent dans ma tête. Je me contente de reprendre mon souffle et de continuer l'exercice, tandis que les bouts de gomme persistaient et grossissaient. Je clos mon exercice sachant que c'était la bonne réponse. Le prof n'a pas l'air d'apprécier, j'ai été trop vite. Beaucoup trop vite à son goût. « S = {(5,3)} » Mais il n'eut rien à en redire, j'avais juste comme je le pensais. Non seulement j'avais juste mais il avait tort, je n'avais pas bâclé mon exercice. Je retourne à ma place, mon visage livide et inexpressif comme toujours. Un pied se tend, je passe par-dessus. Les autres soupirent, ils sont déçus que je n'ai point trébuché. Je m'assois, me dépêchant de replonger dans les souvenirs de mon passé. Je me perds dans mon esprit, pour échapper à cette salle de cours m'étouffant. Je passe la journée à naviguer dans mes souvenirs. Et ce sont ces souvenirs qui sont les liens qui me raccrochent à la vie. Je me repasse tout, comme un court métrage en noir et blanc dans ma tête. Du premier jour jusqu'au dernier. Du premier regard au dernier soupir. Du premier soupir. A la dernière larme.
NOTE MOI ICI, je suis la fic numéro 245 [/a