Chapitre VIII ;
Je vois les rues qui se rétrécissent à vue d'½il, je sens le vent me pousser en avant, je sens le pavé s'effondrer derrière moi pour m'obliger à continuer, j'ai l'impression que les murs se rapprochent drôlement et que la petite vieille qui se trouve derrière moi me pousse avec la pointe de son parapluie d'un air menaçant. J'ai l'impression que l'on me force à entrer dans les portes de l'enfer alors qu'il s'agit juste de mon école, juste d'une vieille femme avec une canne, juste une brise d'air faisant voler mes cheveux délicatement autour de mon visage, juste le reflet de mon imagination. J'entre dans l'école et traverse la cours, puis le terrain de sport... Enfin, j'arrive à la cours des internes.
La plupart des garçons jouant au basket s'arrêtent pour me dévisager. Je ne réagis pas et avance vers les bâtiments lorsque des filles m'entourent, un sourire diabolique aux lèvres.
- Tient. La fugueuse est de retour... Quel dommage. Tu as une affreuse mine, tu le sais ? Bon, j'ne vais pas faire la faux cul plus longtemps, tu me débectes ! Retourne d'où tu viens pétasse ! On ne veut pas de toi ici la muette ! Franchement regarde, t'es pas comme nous, t'as pas ta place ! Ne viens pas polluer notre air !
Je ne bouge pas et la regarde, droit dans les yeux. Je n'ai rien à répondre, mes points ne se serre pas, l'indifférence est le reflet de mon regard et ma bouche refuse de s'ouvrir. Je dois ressembler à ces attardés mentaux qui n'ont jamais aucune réaction et vide toujours vide. Alors, pour ne pas me redire une fois de plus la même chose et ne pas comprendre pourquoi je renonce de lui en foutre une, je tourne les talons et avance en regardant les pieds.
La balle de basket est lancée de toute force sur ma tête, je perds légèrement l'équilibre mais alors que je m'apprêtais à tomber des bras me rattrapent et me redressent. Je lève la tête, Bryan. Il est si beau et si gentil. Pourtant, je n'arrive pas à craquer pour lui. Je n'arrive pas à ressentir d'autre chose que de la haine et du désespoir, en vers lui ou les autres. Il m'enlaça, enfui son visage dans mon cou, chuchotant des choses que je ne comprenais pas.
Bryan.
Je la vois au loin se faire insulté par les filles. Je ne comprends pas. Alors, elle part comme çà s'en prévenir et reviens de la même manière, sans crier gare ? Je ne la comprends pas mais curieusement je m'attache. Elle est si fragile. Je n'ai jamais ressenti çà. C'est peut-être çà, l'amour. Alors j'avance vers elle, lorsque j'arrive à ses côtés quelqu'un lui lance une balle en pleine tête, avant j'aurai ris mais là tout ce qui m'importe c'est qu'elle n'ait rien. Je la rattrape avant qu'elle ne tombe et la serre dans mes bras. J'avais tellement peur de ne plus la revoir. Ne plus la voir se jeter dans les airs avec tant de grâce. La voir sourire pendant ce seul moment et pouvoir sentir sa chaleur en la serrant contre moi. J'avais peur de ne plus voir sa petite fossette sur sa jour droite ou ses mèches rouges légèrement décolorées. Et ses yeux bridées bleu dégradé à noir... Et son air triste qu'elle garde en permanence. Et... Et... Encore plein de chose. Je pense que j'ai fini par tomber amoureux... Je lui embrasse délicatement le cou, elle semble fatiguée, son ventre grogne, elle a une mine déconfite, elle n'entend pas ce que je lui dis. Alors je l'attire doucement vers les bâtiments. On avance ensemble vers les douches. Elle sent un mélange de parfum, de tabac, d'herbe et de sueur.
Elle est la, dans les douches, sa voix résonne, elle chante. Une belle voie, une belle mélodie, une belle langue. Du japonais je pense. Et parfois du français... Je comprends quelque parole du français... Elle parle d'amour... De perte. D'un garçon qu'elle aime profondément. De souvenir aussi... C'est moi le garçon ? Non. Je ne pense pas. Moi, je fais partie du présent pas du passé. D'ailleurs, fais-je vraiment partie de sa vie ? Elle fait partie de la mienne mais je ne pense pas que ce soit dans les deux sens. Çà fait mal, mais c'est ainsi. Je le sais bien. Elle n'est pas présente, elle ne l'est jamais. Depuis qu'elle est venue. Depuis que je l'ai vu le tout premier jour poussée par sa mère qui donnait l'impression de vouloir s'en débarrasser... Tout le monde me le dit et me le répète, que ce n'est pas une fille pour moi, par une fille comme moi... Elle n'est pas comme nous, pas dans notre monde... Mais, au début j'en avais pitié et j'ai fini par m'attacher... Elle est tellement adorable.
Avec une autre personne, je serai rentré sans hésiter... Là, j'ai envie de la voir, de la toucher mais je n'ose pas. Alors j'attends qu'elle finisse et je l'écoute chanter l'amour qu'elle porte à un autre. Quelque chose en moi se met à vibrer, à brûler, une sorte de colère me prend, et alors que je me calme, je la vois sortir les joues rosis pas la chaleur de l'eau et les cheveux humides... La sereinité revient alors. Je suis calme et je l'admire tandis qu'elle vient près de moi pour qu'on s'en aille. Pour cela, elle n'a nul besoin de parler... Il est rare qu'elle parle. Très rare. Et quand elle parle, on voit qu'elle a du mal, que çà fait longtemps qu'elle n'a plus parler, on voit qu'elle n'est pas à l'aise avec les gens et ne sait pas si prendre... Elle bafouille, baisse les yeux, rougit... Alors, elle se fait comprendre par regard. Elle est solitaire, elle m'accorde un peu de son temps, de ses baisers, de ses regards... Il lui arrive de me fixer d'un drôle de regard, elle me voit sans me voir... Comme plongé dans un autre monde lorsqu'elle pose son regard dans le mien. J'ai beau cherché, je ne comprends pas. Il lui arrive de plus en plus souvent, et ces fixations augmentent en même temps que ses pertes de contrôle... Lorsqu'elle s'enfuit en courant en larme pour aucune raison valable.
J'ai cherché longtemps à comprendre mais plus maintenant. Après tout, c'est sa vie. Qu'elle la vive comme bon lui semble, elle finira par oublier ce chagrin et par m'aimer. Toutes les filles du lycée veulent être à sa place, elle va se rendre compte de la chance qu'elle a...
J'espère.
On avance tout deux alors vers les couloirs. J'entre dans l'aile des filles, je n'ai pas le droit d'être ici, mais elle avance vers sa chambre, alors, je ne peux m'empêcher d'espérer qu'il se passera ce que j'attends depuis qu'on est ensemble.
Peut-être, se donnera-t-elle a moi...
Contre exemple.
« Elle est accroché à moi, je la serre dans mes bras, sent pour une dernière fois son parfum, touche une dernière fois son corps, caresse une dernière fois ses cheveux, regarde une dernière fois ses yeux... Une dernière fois... Putain mais quel con... Pourquoi ne lui ais-je pas proposé de partir tant qu'il en était encore temps ? Sa mère l'attrape par les cheveux et la tire violement jusqu'à la voiture. J'ai juste le temps de lui chuchoter quelques mots de japonais. Une promesse dans cette langue qui pour elle, est sacré. Je lui crie pour être sûr qu'elle l'entende. Elle pleure, encore une fois à cause de sa mère. Encore une fois à cause de moi. Elle pleure mais une lueur d'espoir est née en même temps qu'elle entendit cette phrase. Sa mère enrage, elle ne supporte pas cette langue, elle ne supporte plus cette langue, comme elle ne supporte pas les traits japonais et le prénom japonais de sa fille. Elle est égoïste. Mais c'est sa mère. Elle est méchante. Mais Natsuko l'aime quand même. Elle est une vraie salope. Mais c'est la dernière personne qui ne l'a pas encore abandonné. Maintenant, à partir de cet instant j'en fais parti. Je l'ai abandonné à sa mère. Je suis un connard.
Je ne serai peut-être ne pas même savoir tenir ma promesse. La voiture s'éloigne, déjà loin, trop loin de moi. Je me brise. Je ne vis plus. Elle est ma vie. Elle est tous. Elle est ma meilleure amie. Elle est ma seule famille. Elle est celle que... »
J'ouvre les yeux, le c½ur battant, le front ruisselant de sueur froide. La couette me recouvre, m'étouffe. Je m'assois maladroitement sur le bord de mon lit. Quelle heure peut-il bien être ?
J'en sais rien. Je m'en fou.
Je sors mon élastique et ma seringue comme si je sortais une simple clope. Alors que je me prépare à m'injecter ma délivrance, ma couverture se met à bouger et une chose poilue en sort.
C'est une tête, une tête couverte de cheveux noirs.
- Na... Natsuko ?!!
- Encore elle ?! Dit donc. Çà en devient une obsession... T'as fait que crier son nom hier soir alors que moi, c'est Tania.
Je grommelle et sors de la pièce. Elle est nue, je suis nu. Je sais ce qu'on a fait, mais je ne me souviens pas quand, combien de temps, de fois, où, et qui elle est... Ce n'est pas la première fois... Depuis... Depuis que je l'ai abandonné. Je suis un connard.
Natsuko.
J'entre dans ma chambre suivie de Bryan. Pourquoi l'ais-je emmené ici ? Je n'en sais rien. Ce qu'on va faire ? Rien. Fumer sûrement. Baiser ? Nan. J'appartiens à quelqu'un, seul cette personne me touchera... On s'assoie sur mon lit, je vois qu'il espère. Mais, il espère pour rien. Je glisse ma main dans mon soutif et sort mon pax. Je sors de ma poche mon tabac et mes grandes feuilles. Je commence à rouler. Je ne fais plus attention à Bryan. Mon ventre grogne. Mais je ne veux pas manger. Mes mains tremblent, ce n'est pas simple pour rouler convenablement. Bryan me regarde ébahit. Il en s'attendait pas à çà. Tant pis.
Je sors enfin mon briquet et l'allume. Après avoir tirer quelque coup je lui passe. Il hésite, tire une fois, toussote et me le tend. Je ne réagis pas. Avant je me serai foutu de lui. Avant... Je reprend le joint et tire. Je le finis seule, tout comme le suivant. Et encore le suivant.
Je fume et lui, il me regarde. Je suis dos à lui, posée contre son torse. Je suis bien. Mais je n'ai besoin de rien de plus. Je ferme les yeux, je commate légèrement. Mon pax est vide, je n'ai plus rien à fumer. Dommage.
Je me redresse, y'a aucun intérêt qu'il reste là, autant lui demander de partir.
- Çà ne va pas Natsuko ?
Je ne réponds pas, il a le visage, la voix, la pièce est mon ancienne chambre... J'ai l'impression de me réveiller d'un long cauchemar. Je le regarde, les yeux exorbités.
- C'est lui, c'est lui ! J'avais tellement peur de ne plus le revoir ! Mon dieu ! Il est revenu ?! Ou bien alors je rêvais... Je suis si bête ! Mon dieu, il est là juste devant moi, à quelque centimètre, pensais-je aussitôt.
J'aurai dû bien sûr comprendre que cela n'était pas possible, que je venais à peine de fumer de l'herbe qui à une certaine dose peut devenir hallucinogène... J'aurai peut-être due comprendre mais je ne le voulais pas. La ressemblance entre contre-exemple et Bryan n'arrangeait rien... Je m'avance vers lui, les yeux larmoyants. Je suis tellement heureuse de le revoir, de me réveiller de ce cauchemar, de le sentir et de pouvoir le toucher... Alors, je le touche. Cela ma manqué. Je lui caresse la joue, lui sourie incapable de parler. J'observe ses lèvres douces et roses... Je plonge mes yeux dans son regard renverseur. Je l'embrasse. Comme jamais je ne l'avais embrasser. Il est surprit. Normal, je ne suis que çà meilleure amie, pourtant je l'embrasse et il me le rend à son tour. Nos baisers sont lents et doux mais rapidement, la tendresse se change en passion. Je perds le contrôle. Il m'a bien trop manqué.
J'aurai due comprendre mais maintenant il est trop tard. Je suis une salope. J'ai perdue le peu de dignité qu'il me restait. Je me suis offerte à un homme que je n'aime pas sous l'emprise de la drogue. Je ne suis rien d'autre qu'une merde. Mais çà, je le comprendrai en me réveillant suite à ces actes déplorables, lorsque la drogue n'aura plus aucun effet.
Quelle conne !
NOTE MOI ICI, je suis la fic numéro 245